La prévention par le dépistage

Comme le cancer du sein depuis longtemps, et le cancer du col de l’utérus depuis l’an dernier, le cancer colorectal fait l’objet d’un programme de dépistage organisé en France.
Dans ce cadre, les personnes âgées de 50 à 74 ans sans facteur de risque particulier, sont invitées par courrier à se rendre chez leur médecin afin de recevoir un test immunologique visant à déceler la présence de sang dans les selles, test à réaliser tous les deux ans.

Un dépistage indolore et à domicile

Depuis 2009, ce dépistage organisé du cancer colorectal s’adresse aux personnes âgées de 50 à 74 ans, sans facteur de risque , qui peuvent réaliser ce test indolore à domicile.
Le but ? Repérer la présence de petites lésions nommées polypes, qui pourraient se transformer en cancer, et les retirer à temps. Un polype peut mettre une dizaine d’années pour devenir cancéreux.

Un test gratuit ?

Le test et son interprétation sont pris en charge à 100 % par l’Assurance maladie.

Comment ça marche ?

Le test immunologique (test FIT pour Fécal Immunological Test) repose sur la détection de sang dans les selles, grâce à l’utilisation d’anticorps qui reconnaissent et s’accrochent à l’hémoglobine, qui est le pigment des globules rouges .
Il a remplacé en 2015 le vieux test Gaïac ou test Hémoccult.
L’agence nationale Santé Publique France précise que « Les données du nouveau test immunologique pour l’année 2015 montrent qu’il permet de dépister 3,7 fois plus de polypes précancéreux et 2,4 fois plus de cancers que le test au gaïac utilisé avant 2015 ».

En pratique comment je fais le test chez moi ?

Il est simple d’utilisation car il ne requiert qu’un seul prélèvement de selles.
Vous avez l’enveloppe bleue remise par votre médecin. Elle contient tout le matériel nécessaire. : papier recueil + tube + tige + fiche identification+ enveloppe retour
En pratique, il faut placer un papier (fourni) sur la lunette des toilettes pour recueillir les selles, et utiliser le dispositif fourni (une tige) pour prélever un échantillon de selles. La tige est ensuite remise dans le tube(fourni), vous remplissez la fiche d’identification (fournie).
Vous remettez le tout (tube + fiche) dans l’enveloppe T pré-identifiée (fournie)
Ensuite, vous postez l’enveloppe T au plus tard 24 heures après la réalisation du test.
Il est très important de respecter ce délai de 24h, donc attention au week-end et aux jours fériés !

Comment j’obtiens mes résultats ?

Les résultats sont adressés par courrier ou disponibles sur le site internet dédié https://www.resultat-depistage.fr/DCC/home dans les 15 jours suivant l’envoi.
Dans 95,5 % des cas, le résultat est négatif, car aucune présence de sang n’est détectée.
l’Institut national du cancer précise « Cela signifie qu’aucun saignement pouvant témoigner de la présence d’un cancer ou de lésions précancéreuses n’a été détecté ».
Si le résultat du test est positif (dans 4,5 % des cas), une coloscopie (examen de tout le revêtement du côlon à l’aide d’un endoscope) sera alors prescrite par le médecin.
« Grâce à ce dépistage, on peut aussi repérer un polype avant qu’il n’évolue en cancer », ajoute l’Inca dont les chiffres indiquent que ce cancer se guérit dans neuf cas sur dix s’il est détecté tôt.

Le patient recevra une invitation à recommencer le dépistage 2 ans plus tard.
Si avant ces 2 ans, la personne a des troubles digestifs, comme de la présence de sang dans les selles, une modification soudaine du transit, ou encore des douleurs abdominales persistantes, il est conseillé de consulter un médecin qui pourra établir un diagnostic précis.

Pour quelles raisons faire ce test ?

Ce cancer se guérit dans neuf cas sur dix s’il est détecté tôt !
C’est-à-dire s’il est dépisté puis traité au début de son développement, avant l’apparition de symptômes car le cancer colorectal se développe souvent en silence, sans provoquer de symptôme particulier, et peut rester longtemps imperceptible .
Grâce au dépistage par le test immunologique, c’est possible : pratiquer le test tous les 2 ans permet de réduire de 15 % la mortalité par cancer colorectal !
Cela signifie non seulement augmenter les chances de guérison, mais cela permet aussi de soigner le patient avec un traitement plus léger, en préservant ainsi une meilleure qualité de vie.

Quels sont les résultats en France ?

Le dépistage actuel du cancer colorectal est insuffisant en France, alors que c’est un cancer dangereux mais curable. Il fait l’objet d’un programme de dépistage à l’échelle européenne depuis 2009, destiné aux personnes entre 50 et 74 ans, avec pour objectif d’atteindre 45% minimum de personnes testées en Europe.

En France, l’agence nationale Santé Publique France fait le constat d’une trop faible participation : entre 2017 et 2018, seules 5,5 millions de personnes de 50 à 74 ans ont réalisé ce test de dépistage, soit un taux de participation de 32,1 %, très inférieur à l’objectif attendu de 45 %.
A titre de comparaison, le taux de participation était de 33,5 % pour la période 2016-2017.
« L’augmentation de la participation à ce programme de dépistage qui était attendue avec le changement de test dans le courant de l’année 2015, passant du test au gaïac au test immunologique plus sensible et plus facile à réaliser, ne s’est donc pas matérialisée à ce jour », souligne Santé Publique France.

Or le cancer colorectal est l’un des 3 cancers les plus fréquents et l’un des plus meurtriers , il tue chaque année 5 fois plus de personnes que les accidents de la route.
En 2018, il a :

  • touché environ 23 000 hommes et 20 000 femmes, soit le 3e le plus fréquent avec ces 43 000 cas/an sur les 382 000 nouveaux cancers
  • provoqué le décès de 9 000 hommes et 8 000 femmes , donc le 2e le plus meurtrier , avec ces 17 000 décès/an

Chez les hommes, le premier cancer est la prostate, et le second le poumon. Chez les femmes, le sein est le premier et le poumon troisième.

Santé publique France reprécise son importance car le test s’est révélé positif chez 4% des personnes dépistées en 2017-2018. Les coloscopies de suivi ont révélé un polype précancéreux dans environ 3 cas sur 10, et 1 cancer dans un cas sur 10.

L’Assurance maladie considère donc à juste titre le dépistage du cancer colorectal comme un « un enjeu majeur de santé publique ».

Comment agir au quotidien pour le prévenir ?

Si parler de la prévention revient à parler de la prévention des cancers en général, il y a des facteurs sur lesquels nous pouvons intervenir, et d’autres non. Naturellement, notre hérédité, nos gênes, notre âge sont des facteurs impossibles à modifier.

A l’inverse, adopter une hygiène de vie plus saine en jouant sur certaines choses est à notre portée, notamment :

  • Avoir une alimentation équilibrée, notamment riche en fibres (fruits, légumes, légumineuses, produits céréaliers…)
  • Privilégier les produits bio par rapport aux produits de l’alimentation industrielle
  • Limiter la consommation de viande (rouge particulièrement) et de charcuterie
  • Limiter la consommation d’alcool
  • Pratiquer une activité physique régulière
  • Maintenir un poids de santé
  • Arrêter le tabac

Certains facteurs environnementaux ont probablement une influence :

  • Le contact avec des produits toxiques, dans le monde professionnel ou chez soi
  • La pollution de l’air extérieur et intérieur, à son domicile notamment
  • Les infections…

De nouveaux facteurs se sont imposés dans la réflexion depuis quelques temps, et font l’objet d’études sérieuses, comme les ‘’perturbateurs endocriniens’’et le rôle du ‘’microbiote intestinal’’, nous en reparlerons lors de prochains sujets.

Si certaines personnes doutent de ces facteurs de risque, je les invite à lire les 2 études récentes, publiées en mai 2019, dans 2 revues scientifiques reconnues , études montrant que le cancer colorectal augmente chez les moins de 50 ans en Europe depuis les années 90, et que les jeunes de 20 à 29 ans sont devenus une population particulièrement à risque. Hypothèses avancées : l’obésité, la sédentarité ou encore la malbouffe…?

Leur résumé est ci-dessous.

Lire le résultat des 2 études

‘’23.05.2019 – Deux études parues dans « Gut » et « The Lancet » confirment une tendance déjà observée : le cancer colorectal progresse en Europe chez les patients de moins de 50 ans.

Alors que l’incidence du cancer colorectal a tendance à se stabiliser, voire à diminuer chez les plus de 50 ans, notamment en raison des programmes de dépistage, le nombre de cancer augmente chez les moins de 50 ans, et en particulier chez les 20-29 ans. Deux études publiées récemment dans « Gut » et « The Lancet » en attestent. Ce phénomène avait déjà été mis en évidence aux États-Unis, au Canada et en Australie notamment.

Des études scientifiques montrent une hausse du cancer colorectal entre 20 et 50 ans depuis les années 90. Plusieurs hypothèses pourraient l’expliquer : l’obésité, la sédentarité ou encore la malbouffe.

Deux études scientifiques publiées le 16 mai révèlent l’augmentation inquiétante du cancer colorectal dans des pays développés, notamment en Australie, au Canada et en Europe.

En ce qui concerne l’Europe, les données analysées concernent vingt pays, dont la France, et portent sur 143 millions de personnes âgées de 20 à 49 ans.

Sur la période 2004-2016, le nombre de cas de cancer colorectal a augmenté de 7,9 % par an en moyenne chez les 20-29 ans, de près de 5 % par an chez les 30-39 ans et 1,6 % par an chez les 40-49 ans. En revanche, la mortalité liée à ce type de cancer n’a pas augmenté dans ces tranches d’âge.

Pour expliquer cette augmentation, les auteurs de ces deux études évoquent plusieurs hypothèses : l’obésité, la sédentarité, le tabagisme, la consommation d’alcool, de viande rouge, de produits industriels transformés, le recours aux antibiotiques dans l’enfance…

En parallèle, les chercheurs soulignent que le cancer colorectal est en baisse chez les plus de 50 ans. Le dépistage permet, en effet, d’éliminer les polypes intestinaux avant le processus de cancérisation. Rappelons que ce dépistage est recommandé entre 50 et 74 ans tous les deux ans.
Sources : Gut et The Lancet, 16 mai 2019.

Pour terminer, chaque année a lieu en France l’opération « Mars bleu » , qui représente le mois de promotion du dépistage contre le cancer colorectal, caractérisé par des actions de prévention et de sensibilisation partout en France.
L’IAS du Lyonnais y participe chaque année, avec notamment la Ligue contre le cancer.
En 2019, la Ligue contre le cancer a souhaité changer et dédramatiser l’image du dépistage de ce cancer. Parce que les selles sont taboues : parlons fesses !
#ParlonsFesses ! C’est le nouveau titre osé de la campagne de la Ligue contre le cancer pour inciter les Français à faire le dépistage du cancer colorectal. Cette campagne veut casser les tabous qui entourent ce test immunologique alors qu’il sauve des vies, pour faire bouger les femmes et les hommes de plus de 50 ans !
Le but ? Faire comprendre que ce dépistage sauve la vie, votre vie.

L’IAS du Lyonnais s’associe à cette campagne.

Dans la prochaine newsletter de l’IAS du Lyonnais, nous parlerons de personnes très concernées par le dépistage dans les familles des patients, et toutes générations confondues : ‘’ Les apparentés au 1er degré ‘’.

Sources : Institut national du cancer et son site e-cancer.fr / Assurance maladie et son site ameli.fr / / Agence nationale Santé publique France / Fondation ARC / Ligue contre le cancer / Association France Côlon / The Lancet / The Gut

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